L'EFFORT AUSTRALIEN

        L'entrée en guerre de l'Australie a amené immédiatement le gouvernement à créer un nouveau mode de recrutement grâce auquel sont déjà mises en place une brigade d'infanterie et une brigade de cavalerie. Les unités de base - bataillons - sont constitués géographiquement, par état.

 

        Le rythme des enrôlements s'accélère régulièrement : 90 000 de juin à septembre 1915,

83 000 de janvier à juin 1916. En mars les effectifs de l'A.I.F ont pratiquement doublé depuis sa création, malgré les pertes subies à Gallipoli (26 000 hommes).

 

        En mars, deux divisions australiennes et la division néo-zélandaises constituent sur le front occidental le 1er corps ANZAC, bientôt rejoint par le 2ème en juin. La composition de ces unités va varier fréquemment en fonction des impératifs tactiques et de nécessité de recomposition des effectifs, consécutive à chaque opération : une division, la 5ème, a perdu 5 500 des siens dans la nuit du 19 au 20 juillet (Fromelles), 3 autres (les 1er, 2ème et 4ème) 23 000 en six semaines (Somme). Fin 1917, le problème des effectifs devient crucial, au point qu'une sixième division, en cours de constitution en Angleterre, est dissoute - il est même décidé que ces effectifs aillent renforcer les cinq autres, très affaiblies par les batailles de Bullecourt (10 000 hommes) et de Messines - Ypres (38 000) - et il est également envisager de mettre en réserve la 4ème division pour compenser les futures pertes.

 

        C'est après la bataille de Pozières que l'enthousiasme commence à fléchir et que de très nombreux australiens, au courant des pertes, et ne voyant pas d'issue au conflit, considèrent que leur pays tient largement sa part dans l'effort de guerre, tant sur le plan militaire que financier et économique. Le gouvernement, conduit par le premier ministre conservateur William M. Hughes, envisage alors la conscription, tout comme les Britanniques l'ont introduite en janvier 1916, les Néo-Zélandais en août (les Canadiens l'introduiront un an plus tard). L'Australie connaît alors une période politiquement agitée : un premier référendum populaire repousse catégoriquement la conscription en 1916 - bien que le vote de la troupe y aie favorable - une deuxième fois en novembre 1917.

 

        Les cinq divisions sont regroupés en janvier 1918 en un seul corps d'armée, l'AUSTRALIAN CORPS, dont le commandement est confié pour la première fois à un Australien, le général Monash qui, après la guerre, retrouvera ses activités d'ingénieur civil.

 

        Au Moyen-Orient, l'Anzac Mounted Division, créée en mars 1916, est renforcée par l'Australian Mounted Division, formant ainsi le DESERT MOUNTED CORPS commandé par le général australien Harry Chauvel.

 

        Au début du conflit de nombreux Australiens servent dans le Royal Flying Corps. C'est au début 1916 qu'est créée la première escadrille australienne qui pendant deux ans et demi, sert en Égypte et en Palestine. En automne, sont crées trois autres escadrilles, constituant ainsi l'Australian Flying Corps (A.F.C). Ces trois formations interviennent sur le front occidental et pour la première fois en masse dans la bataille de Cambrai.

 

        En 1914, l'Australie est le seul dominion à fournir une force navale substantielle : la Royal Australian Navy (R.A.N), placée sous commandement de l'amirauté britannique. Son rôle essentiel consiste dans le convoyage et la protection des navires marchands, dans les Océans Indien et Pacifique, la Mer des Caraïbes, la Méditerranée, l'Adriatique, la Mer du Nord. seul le cuirassé "Australia" est incorporé à la flotte britannique de la Mer du Nord, depuis la fin 1915 jusqu'en 1918. La force de la R.A.N passe de 16 unités en 1914 v(dont 1 croiseur lourd et 2 sous-marins) à 37 en 1919.

 

        Pour une population qui comptait 4 875 000 habitants en 1914, 417 000 hommes se sont enrôlés, dont 331 000 outre-mer. le chiffre total des pertes a atteint 215 000 dont 59 000 tués. Le tribut payé par l'Australie est le plus lourd de tous les dominions - 64,8% de pertes par rapport au nombre de combattants. Du moins, le sacrifice des diggers a contribué à déclencher la prise de conscience de ce jeune et grand pays à la recherche de son identité.

 

        De nos jours encore, quelques vieilles gens dans la Somme se souviennent avec émotion de ces grands gaillards sympathiques et chaleureux et de leur silhouette si caractéristique, surmonté de fameux chapeau à bord relevé.

 

 

 

       

 

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